SAVOIR QUI JE SUIS...


Petite philosphie du massage

Un temps d'arrêt, de décodage de ma pratique du massage. Quelques réflexions éveillées notamment lors de la lecture du dernier livre de François Julien, philosophe à la croisée de la culture occidentale et de la philosophie chinoise.
Le massage, une rencontre et un art de vivre.
Le massage est une rencontre subtile de deux personnes, subtile car à la fois dans la différence et dans l'identique. A première vue, l'un donne et l'autre reçoit, mais en réalité, il s'agit d'un échange, d'un dialogue. A première vue, l'un travaille sur le corps de l'autre mais en réalité, il y a rencontre peau à peau. A première vue, l'un se concentre et l'autre se détend, mais en réalité les deux vivent intensément la concentration sur l'instant présent, localisé dans le toucher, chacun en contact intime avec lui-même, loin des tensions du quotidien. Il y a connivence, co-existence.

Pour le masseur, l'expérience de la rencontre du corps de l'autre est étonnante et enrichissante. Le massage amène à connaître l'autre de près, dans le détail de son corps, au-delà de ce que la personne aime ou souhaite montrer d'elle-même, au delà de l'image positive ou négative qu'elle a d'elle-même (toujours un beau mélange des deux, d'ailleurs). Dans une démarche de reconnaissance, d'acceptation, de respect, dans une rencontre de l'essence au-delà et au travers de l'apparence. Une manière d'accompagner vers l'amour de soi, cet être imparfait mais plein de beautés et de promesses de vie. Une rencontre avec le corps "essentiel" et avec le corps "enfant" - je suis toujours admiratif de l'expression qui se lit sur le visage de la personne massée et qui rappelle son visage d'enfant -.
Au cœur des souffrances, des défenses, des tensions, des refus...
Le massage est une rencontre globale, et donc globalisante, restauratrice de l'identité corporelle et personnelle. Avec la peau, les muscles, les viscères, les liquides et les énergies en circulation dans le corps, avec les émotions, les sentiments, les expressions .... Au travers des sens ( sensations du toucher accompagnées d'odeurs, de sons, d'images...) ... Rythmée par la respiration.
Par le massage, la personne massée se libère de la présence envahissante d'hier (le poids du passé) et de demain (l'inquiétude de l'avenir) pour se centrer sur l'instant présent, cet instant du toucher de la main du masseur sur chaque "lieu" de son corps, de son être, tout en gardant la conscience de la globalité de sa personne. Cet ancrage dans le présent est d'autant plus fort si le masseur alterne des touchers très localisés et des effleurages sur l'ensemble du corps, s'il veille aussi à ne jamais lâcher le contact pour ne pas interrompre l'instant.
C'est bien de cultiver la mémoire du passé et de résoudre le vécu qui laisse des traces douloureuses en nous, c'est bien de construire l'avenir, d'espérer de se projeter. Mais vivre est impossible, insipide, si nous ne nous ancrons pas dans l'instant. Vivre, c'est ici et maintenant. L'instant du frisson, du plaisir, du bien-être, d'être.
C'est la raison pour laquelle, aussi, le massage est un art. Le propre de l'art est d'être un geste tendant à la perfection de la présence, de l'instant. Le massage est une danse autour du corps de l'autre, danse avec tout l'être. Le toucher cherche le geste précis, exact, fluide, souple comme la touche du peintre sur la toile. Un corps qui danse autour d'un corps qui vibre. Un être qui vibre au contact d'un être qui danse, tous deux totalement présents et ancrés dans l'instant. Une alchimie qui contient sa part de mystère.


mise à jour...



CE QUE JE PEUX VOUS PROPOSER ... Mise à jour...

En tant qu'accompagnant individuel, en couple, en famille:vous êtes en souffrance, en projet, un de vos proches est en difficultés, je vous offre une écoute, une aide pour chercher des solutions, pour mettre en place des changements, des rencontres dans un lieu neutre ou à votre domicile.
En tant que superviseur : un soutien à l'organisation et au fonctionnement de l'équipe, un travail sur les relations entre collègues et les relations avec le public cible de votre service, une réflexion sur les phénomènes de rivalités, de « bouc émissaire ».
En tant que formateur : une approche de la gestion de la complexité. une aide à la rédaction, à la présentation et à la gestion de projets, savoir tenir sa comptabilité, apprendre l’approche du handicap, la gestion du travail en réseau, les risques de l’autonomie, l’écoute, la communication …
En tant qu'écrivain : un travail en groupe ou un soutien individuel à l'expression, par l'écrit, de soi, de ses émotions, de son histoire..., des ateliers d’écriture créative. Ou une écriture professionnelle pour réfléchir et formaliser nos pratiques sociales toujours remises en cause, toujours à réinventer, à faire connaître, par l'approche de l'écriture fiction, du personnage et de la complexité...
En tant que musicien:l'apprentissage de la guitare d'accompagnement et de la composition de mélodies...
Et des massages "douceur du monde": pour la détente, le bien-être. Une relation par le toucher pour mieux vivre dans son corps, s'accepter, mieux ressentir et gérer ses émotions, prendre contact avec ses tensions et les atténuer, prendre des distances par rapport au stress, aux fatigues et aux solitudes du quotidien...

 


SUR QUELLES BASES ?



L’expérience d’un chemin de vie …

Bien sûr, il y a un diplôme, une formation de base puis des temps de formation tout au long de mon parcours :
Des études de psychologie et des formations sur la communication, l’écoute, la gestion, etc … Mais aussi une passion d’apprendre en autodidacte au fil de rencontres et d’échanges multiples. Une réflexion et une analyse des relations vécues, une confrontation permanente entre l’expérience de vie et la pensée des hommes au travers de lectures choisies au rythme des questionnements personnels.
De Emile Zola à Axel Honneth en passant par Sigmund Freud, Thomas Gordon, René Girard, Jean-Paul Sartre, Edgar Morin, Alain Touraine, Kostas Axelos, Georges Simenon, François Jullien, Roberto Juarroz et bien d’autres … Tout cela pimenté de passion pour la musique, blues avant tout, le théâtre, pour en arriver à l’écriture, écriture de soi, écriture fiction …
A la croisée de la psychologie, de la philosophie, de l’anthropologie, de la sociologie et de l’art.
Au travers d’un quotidien de relations de proximité: vie à deux, paternité, amitié, collaborations, animation, gestion d’équipe, action citoyenne …

A la rencontre de l’humain…

Cet humain qui traverse la vie avec tellement de questions entre souffrances et joies, peurs, colères et plaisirs… Cet humain capable de tout et de rien, fragile et aspirant à l’immortalité, désireux de construire le monde et à la limite de le détruire. A l’écoute de l’humain… Nous sommes tous embarqués dans un passage de quelque temps sur cette terre allant sans doute vers le néant. Il n’y a donc probablement de sens que dans la recherche de la paix et du bonheur au travers de la relation à soi, au monde et à l’autre.
A l’écoute des doutes, des questions de la souffrance en vue de construire un « être bien », une « sécurité d’existence ». A l’écoute des émotions pour qu’elles puissent se vivre et se communiquer, pour que douleur rime avec plaisir, que grandir rime avec respirer…
A l’écoute des désirs, des envies car nous sommes êtres de tension. Toujours en projet vers un ailleurs, un mieux, un plus. Motivation, investissement diront les uns, créativité, expression, création diront d’autres. Pulsions qui font de notre vie un chemin un parcours… Tension qui parfois (souvent) devient rivalité, conflit qu’il faut essayer de « sublimer », si possible, gérer à tout le moins …


Au cœur du jeu du monde….

Tout est système, en nous et autour de nous. Entre le prévisible et l’imprévu germe l’inattendu. Nous avons appris à penser scientifiquement et à construire rationnellement. Nous avons cru au sens de l’Histoire voire au projet de Dieu, à la maîtrise de la nature, nous pensions acquérir une « santé de fer » proche de l’immortalité et aujourd’hui l’incertitude, l’insécurité nous rattrapent. Pollution, faim, mort, haine, guerre, génocides, voilà à quoi nous sommes confrontés alors que nous pensions avoir vaincu !Tout est complexe, interconnecté, prodigieusement organisé et extrêmement instable … La seule pensée (intuition, résonnance affective) qui peut nous donner le moyen de continuer à vivre doit être complexe et systémique. A la recherche non plus de plans mais de stratégies. A la croisée de l’agir et du laisser advenir.Tout est systèmes : des systèmes qui fonctionnent – à organiser, gérer, diriger ; des systèmes qui dysfonctionnent – à analyser, déconstruire, changer ; des systèmes qui s’adaptent et rétroagissent sur eux-mêmes – à comprendre, accompagner, influencer ?



Dans le mystère du temps...

Je suis toujours interpellé par notre attachement au temps : toujours en train de raccrocher notre existence au passé dans la fureur d’accumuler des biens et des souvenirs qui nous donnent l’illusion d’une permanence. Toujours à la recherche de faire de l’avenir une réalité prévisible un chemin tout tracé entre épargne et assurance nous investissons sans fin pour notre sécurité (que l’on voudrait aussi sans fin). Or nous sommes des êtres de présent, vivant sur le fil de l’instant, à la recherche de l’orgasme,ayant toujours déjà perdu l’instant qui vient de passer et incapables de jamais anticiper le moment qui nous attend juste au-delà de maintenant.Toujours inquiets du sens, toujours dans le besoin d’en parler encore et encore pour essayer d’assumer la condition « d’être conscient », qu’il semble que nous sommes les seuls à connaître dans l’univers. Conscients et mortels…

Adossé à l’inconscient…

Nous savons, voulons, décidons mais uniquement à la pointe de l’iceberg de notre être. Nous avons donc tellement besoin de chercher d’où tout cela nous vient sans jamais vraiment nous comprendre, juste nous deviner pour essayer de nous orienter… Car notre conscience émerge d’un inconscient, notre agir se fonde sur des fondations que nous devinons à peine …
D’abord parce que nous sommes chimiques, physiologiques, corporels. Nos pensées, sensations, émotions se construisent dans un magma corporel dont nous ne maîtrisons pas grand-chose, quoique ?Ensuite parce que nous sommes nés de l’instinct et de l’inconscience de nos premiers moments, que toute notre vie est histoire, familiale et sociale qui façonnent nos attitudes au travers des manques et des pleins de notre vécu…
Parce que tout cela repose sur une culture qui s’est construite au travers de toute l’histoire des sociétés, de l’humanité et qui nous façonne… Parce que l’humain a été dès les premiers jours dépassé par sa violence, allant jusqu’au meurtre de l’innocent, parce qu’il a bien du mal à se construire en choisissant les autres pour modèles sans tenter de leur arracher ce qu’ils leur donnent à désirer.
Parce qu’il a les pieds dans la terre (mère) et la tête dans les étoiles…

Parce qu’être femme, être homme, être en relations n’est pas simple.Parce que trouver sa place dans une société où tout bouge est un défi.

Relié écologiquement à l’univers…

Dans une vision écologique. Ecologie personnelle (respect, recherche de soi), naturelle (à l’inverse de la supériorité de l’humain sur le monde), culturelle (accueil de la différence) et spirituelle (respect de l’être).
Au service de la reconnaissance de l’homme par ses semblables : un humain aimé, libre, qui a des droits et qui participe à la créativité humaine.

Avec audace, discrétion et humilité …